Regain de violences au Sahara occidental

6 mai 2013
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Sultana Khaya et les forces de l’ordre à Boujdour, selon une capture d’écran publiée le 3 mai par le site d’informations Lakome

(Article actualisé le 21 mai 2013)

Depuis le 26 avril, au lendemain du vote par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution concernant la mission onusienne au Sahara occidental, des manifestations sahraouies sont réprimées violemment par les forces marocaines.

La communauté Sahraouie a réagi dès le vote par l’ONU d’une résolution renouvelant le mandat de la Minurso et a exprimé son désarroi devant le texte très loin des espoirs qu’une initiative américaine avait suscités mi-avril.

Selon plusieurs témoignages et media (notamment RFI), des manifestations ont lieu dans les villes de Laayoune et Boujdour. Celle de vendredi 26 après-midi a réuni une centaine de personnes, selon le correspondant de l’AFP cité par plusieurs media. « Sirine Rached, une responsable de cette ONG, a indiqué à l’AFP que la manifestation se déroulait « dans le calme »« , peut-on lire dans le journal L’Humanité.

Sur le site d’informations marocain Lakome, « La manifestation, sur l’une des artères principales de la ville, se déroulait « dans le calme », mais la police « a eu recours à la force de manière excessive », a déclaré de son côté Sirine Rached, une responsable de l’ONG Amnesty International, dont une équipe est actuellement à Laâyoune. Plusieurs scènes montrant des forces de l’ordre frappant des manifestant(e)s ont été filmées à l’aide de téléphone portables. »

Quelques-unes de ces images ont été mises en ligne sur ce media électronique.

D’après la préfecture de Laâyoune, le rassemblement n’avait pas été autorisé et la police a dispersé le cortège, qui bloquait la voie publique, après « les sommations d’usage », précise encore Lakome.

Selon les autorités marocaines, huit membres des forces de l’ordre ont été blessés et transportés à l’hôpital militaire de ville.

Une trentaine ou une quarantaine, selon les sources, de blessés sont à déplorer du côté des civils sahraouis.

D’autre part, une militante sahraouie, Sultana Khaya, affirme avoir subi des violences mardi 30 avril. L’article et des vidéos montrant l’intervention des forces de l’ordre marocaines ici.

Samedi 4 mai, comme le rapporte le journal L’Humanité le 6 mai, une manifestation a réuni plus de 2000 Sahraouis dans les rues de Laayoune. Précision émanant du coordinateur régional du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH, officiel), Mohamed Salem Charkaoui, cité par le site Lakome et repris par le journal français.

Des manifestations ont lieu également dans des villes du sud du Maroc, comme Assa ou Zag. Des témoignages recueillis directement par Nouvellesdusahara.fr attestent ces mouvements. Une vidéo reçue par Nouvellesdusahara.fr depuis Assa (plan horizontal à partir de la 7ème sec) : 

Dans un communiqué du 15 mai, Amnesty International revient sur l’arrestation de six Sahraouis, dont un âgé de 17 ans, qui auraient été interpellés le 9 mai après avoir participé à une manifestation qui a eu lieu le 4 mai à Laayoune.

Le communiqué précise :

« Le 12 mai, au bout de trois jours en garde à vue, El Hussein Bah, Yassine Sidati, Mohamed Garmit, Mohamed Ali Saidi, Abdelaziz Hramech et Youssef Bouzid ont été déférés devant un juge d’instruction à la cour d’appel de Laayoune, et accusés de « violences à l’égard de fonctionnaires » et d’avoir « participé à un rassemblement armé », « placé des objets bloquant la circulation routière » et « dégradé des biens publics ». Ils risquent une peine de prison pouvant aller jusqu’à 10 ans, aux termes du Code pénal. El Hussein Bah a été libéré sous caution le même jour, tandis que les cinq autres ont été placés en détention provisoire à la prison de Lakhal, à Laayoune. »

« Le jeune homme a expliqué à Amnesty International qu’il avait été torturé et menacé de viol en garde à vue, et qu’il s’était vu forcé de signer des « aveux » qu’il n’a pas été autorisé à lire. » (L’intégralité du communiqué d’Amnesty)

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