Repères de compréhension

Pour comprendre les tenants et aboutissants du conflit du Sahara occidental, il est nécessaire d’avoir quelques repères. Cette brève histoire du conflit n’a pas vocation à être exhaustive. Elle est proposée pour éclairer les visiteurs de ce site.

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1086. L’empire almoravide s’étend à l’Espagne musulmane, au Sénégal et au Niger. Le Maroc contrôle tout le Maghreb.

1864. Un décret ouvre le Maroc au commerce étranger. Début de la pénétration économique. européenne (Grande-Bretagne, France, Espagne, puis Allemagne à partir de 1890).

1884. L’Espagne prend possession du Rio de Oro (partie sud du Sahara occidental), puis du Saguiet el Hamra en 1884 puis en 1912.

1912. Le traité de Fès (30 mars) établit un protectorat français sur le Maroc.

1943. Conférence des Alliés à Casablanca qui promettent d’oeuvrer à l’indépendance du Maroc.

1953. Le sultan est déposé en août par les Français. Sous l’impulsion des nationalistes, les grandes villes du pays se soulèvent.

En décembre, l’Assemblée générale des Nations unies adopte une résolution sur le droit à l’autodétermination du Maroc.

1956. Le Maroc accède à l’indépendance.

1957. Mohammed V prend le titre de roi en août. Son fils Hassan II est désigné comme son successeur.

1957-1958. Le Maroc coordonne avec la participation des tribus sahraouies, un soulèvement contre l’Espagne (guerres d’Ifni et d’Edchera).

Février 1958. L’appui des forces françaises à l’Espagne (opération « Ecouvillon » menée contre l’Armée de libération du Sud marocain (ALSM)) permet à cette dernière de conserver l’essentiel du Sahara occidental et Ifni.

1961. Mort de Mohammed V. Hassan II accède au trône.

1962–1963. Une fois l’Algérie indépendante, les réclamations par le Maroc de certaines zones auparavant désignées comme « Territoires sahariens » donnent lieu à des incidents de frontière répétés avec l’Algérie (« guerre des sables »).

1965. La résolution 2072 de l’Assemblée générale des Nations Unies place le Sahara occidental sur la liste des régions à décoloniser (encore aujourd’hui) et fait référence à la résolution 1514 sur le droit à l’autodétermination des peuples colonisés.

1965. Après le soulèvement de Casablanca, l’état d’urgence est décrété. Le roi est doté des pleins pouvoirs.

1973. Création du Front Polisario (Front populaire pour la libération de la Saguia El-Hamra et du Río de Oro) au Sahara occidental.

1974. La revendication marocaine sur le Sahara occidental est portée en septembre devant la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye : crise entre l’Algérie et le Maroc.

16 octobre 1975. Avis consultatif de la CIJ qui reconnaît l’existence de « liens juridiques d’allégeance de certaines tribus avec le Sultan du Maroc », tout en ne les estimant pas suffisants pour établir un « droit territorial ».

6 novembre 1975. « Marche verte » : 350 000 civils marocains se rendent sur le territoire à l’initiative de Hassan II pour affirmer la caractère marocain du Sahara.

Des dizaines de milliers de Sahraouis fuient le Sahara occidental et trouvent refuge dans l’extrême sud-ouest de l’Algérie. Aujourd’hui encore, environ 150 000 réfugiés vivent toujours dans cette région très hostile et ne subsistent que grâce à l’aide internationale.

14 novembre 1975. Accords de Madrid entre l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie sur le retrait espagnol au 28 février 1976 et le partage du territoire entre Rabat et Nouakchott (avec administration tripartite de transition).

20 novembre 1975 : mort de Franco.

1976. Violents affrontements, au début de l’année, entre les troupes marocaines et algériennes à Amgalla (Sahara occidental).

Le 27 février, le Front Polisario proclame la République arabe sahraouie démocratique (RASD) à Tindouf (Algérie).

Le 7 mars, rupture des relations diplomatiques entre le Maroc et l’Algérie.

1979. En août, la Mauritanie se retire du sud du Sahara occidental en vertu d’un accord de paix signé avec le Front Polisario. L’armée marocaine se déploie aussitôt sur la totalité du territoire.

1980. Le Maroc commence la construction de « murs de protection » au Sahara occidental.

1981. Le 27 juin, Hassan II accepte le droit à l’autodétermination des Sahraouis et propose l’organisation d’un référendum « confirmatif ».

1982. La RASD est admise à l’Organisation de l’unité africaine (OUA), dont le Maroc se retirera deux ans plus tard.

1988. Rétablissement des relations diplomatiques entre le Maroc et l’Algérie le 6 mai. En août, le Maroc et le Front Polisario acceptent un plan des Nations unies prévoyant un cessez-le-feu et la tenue d’un référendum d’autodétermination.

1990. Crise diplomatique, en novembre, entre Paris et Rabat après la publication du livre de Gilles Perrault, Notre ami le roi, qui dénonce les violations systématiques des droits humains par le régime marocain.

1991. Au Sahara occidental, un cessez-le-feu est proclamé en septembre sous l’égide des Nations unies. Déploiement de la Mission des Nations Unies pour l’Organisation d’un Référendum au Sahara Occidental (MINURSO).

1992. Hassan II présente en août un projet de réforme constitutionnelle destinée à « démocratiser » le régime. La réforme est approuvée par référendum le 4 septembre.

Mais, celui prévu au Sahara occidental selon « le Plan de règlement » adopté par le Conseil de sécurité de l’ONU en juin 1990, et qui aurait dû avoir lieu en janvier 1992 n’est pas organisé (et n’a toujours pas eu lieu).

1994. La MINURSO commence le processus d´identification et d´inscription des électeurs.

1996. Suspension du processus d´identification… Malgré plusieurs phases de travail (entre 1997 et 1999), «les parties continuent de maintenir des positions divergentes en ce qui concerne la procédure d’appels, le rapatriement des réfugiés et d’autres aspects cruciaux du Plan », selon l’ONU.

1996. Adoption d’une nouvelle réforme constitutionnelle, qui institue notamment une Chambre des conseillers – à côté de la Chambre des représentants – et renforce les prérogatives du roi.

1999. Décès de Hassan II le 23 juillet. Son fils Mohammed VI est intronisé le 30. Dans un discours, le nouveau roi évoque « les disparus et les victimes d’arrestations arbitraires ».

Les émeutes qui éclatent à El-Ayoun, au Sahara occidental, sont durement réprimées.

2001. Projet d’accord-cadre (aussi appelé Plan Baker I) qui prévoit l’autonomie régionale sous souveraineté marocaine. Rejeté par le Front Polisario et l’Algérie. Le texte n’est pas soumis au vote du Conseil de sécurité.

2003. Nouveau Plan de résolution (Baker II), qui prévoit un régime d’autonomie pour une durée de 5 ans, suivi d’un référendum comportant l’option de l’indépendance. Les électeurs seront les Sahraouis et toute autre personne de plus de 18 ans et vivant au Sahara occidental depuis au moins 4 ans. Accepté par le Polisario. Rejeté par le Maroc.

2004. L’envoyé spécial des Nations unies au Sahara occidental, M. James Baker, démissionne. Rabat se prononce pour une solution « définitive et globale fondée sur une large autonomie ».

2005. L’armée marocaine réprime violemment les manifestations sécessionnistes qui se succèdent au Sahara occidental (début de l’ « intifada » sahraouie)

Avril 2007 : « proposition du Front Polisario pour une solution politique mutuellement acceptable assurant l’autodétermination du peuple du sahara occidental » transmise à l’ONU ; présentation aux Nations unies du « projet marocain d’autonomie du Sahara Occidental ».

Juin 2007. Première session de pourparlers entre le Maroc et le Front Polisario en présence des Etats-voisins, l’Algérie et la Mauritanie à Manhasset (Etat de New York). Ses «discussions informelles» se poursuivent depuis…

Octobre 2007. Le Conseil de sécurité de l’ONU (résolution 1783) réaffirme «sa volonté d’aider les parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental». Souhait que l’on retrouve dans les résolutions suivantes.

Les grandes puissances, notamment la France, soutiennent activement l’option d’autonomie proposée depuis 2007 par le Maroc. L’Etat français considère qu’elle est « la seule solution réaliste ». Mais, le Front polisario, que l’ONU estime être « le représentant légitime du peuple sahraoui », refuse cette option qui ne permet pas l’autodétermination des Sahraouis.

Et récemment ? Des éléments à retenir :

-Régulièrement, à travers la parole de militants ou de responsables du Front Polisario, l’éventualité d’un recours à la « lutte armée » ressurgit.

-L’« intifada » initiée depuis 2005 dans les territoires sous administration marocaine doit être « radicalisée », selon Mohamed Abdelaziz, président de la « République arabe sahraouie démocratique ».

-La cause sahraouie connaît une forte médiatisation à travers la grève de la faim entamée par la militante Aminatou Haidar, refoulée à l’aéroport de Laayoune (Sahara occidental) en novembre 2009 pour avoir inscrit « sahraouie » comme nationalité sur sa fiche de débarquement. Après 32 jours de grève de la faim poursuivie aux Canaries, Mohamed VI accepte le retour de la militante chez elle, sur les conseils de son allié, la France.

-le mouvement de protestation le plus important depuis l’occupation marocaine du Sahara occidental a pris la forme d’un campement de près de 7000 tentes traditionnelles dans le désert, près de Laayoune. Gdeim Izik sera détruit par les forces de l’ordre marocaine le 8 novembre 2010.

-Deux jours avant le démantèlement du camp de protestation de Gdeim Izik, le roi Mohamed VI prononce son traditionnel discours de célébration de la Marche Verte qui marque le début de l’occupation marocaine. On peut y lire entre autres : « Notre pays ne tolérera aucune violation, altération ou mise en doute de la marocanité de ces zones, pas plus qu’il n’admettra de menées provocatrices visant à imposer le fait accompli ou à modifier le statu quo ».

-Novembre 2011 : trois coopérants espagnols et italien sont enlevés alors qu’ils effectuent une mission humanitaire auprès des réfugiés sahraouis d’Algérie. Ils sont libérés en juillet 2012.

-Février 2013 : les 25 Sahraouis arrêtés au moment de Gdeim Izik sont lourdement condamnés. Les ONG sont nombreuses à dénoncer leur poursuite devant un tribunal militaire et le fait que les allégations de torture n’aient pas donné lieu à enquête.

Et aujourd’hui ?

Sur le plan politique, le Front Polisario considère qu’un référendum à plusieurs options, y compris l’indépendance, doit être organisé tandis que le Maroc tient à un régime d’autonomie négocié et à un référendum de confirmation à option unique.

A ce jour, le Sahara occidental est toujours considéré par l’ONU comme le dernier territoire non autonome d’Afrique et qui relève de la décolonisation.

Les dernières réformes annoncées dans la foulée des révolutions du Printemps arabe ont abouti à l’organisation au Maroc d’un référendum constitutionnel puis, en novembre 2011, d’élections législatives. Une stratégie qui ressemble à celle menée en 1992 et 1996, visant à montrer la volonté royale pour «démocratiser» le pays. En France, les milieux politiques et les media saluent ce choix.

Mais, les années passent, la répression se poursuit sans faiblir sur les militants sahraouis, et la résolution du conflit est en panne.

Révoltes populaires, insécurité dans la très vaste zone du Sahel, union du Maghreb figée, conditions de vie des réfugiés sahraouis, marginalisation des sahraouis du Sahara occupé par le Maroc… les motifs pour pousser la communauté internationale à s’engager davantage dans ce dossier sont pourtant nombreux.

Chronologie établie sur la base notamment des trois liens suivants :

http://www.monde-diplomatique.fr/mav/86/PIRONET/14101

http://www.un.org/fr/peacekeeping/missions/minurso/background.shtml

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/actions-france_830/crises-conflits_1050/sahara-occidental_1095/index.html

 

Une Réponse à Repères de compréhension

  1. Boughaleb le 7 janvier 2015 à 0 h 09 min

    bonjour pour un journaliste qui doit faire preuve de neutralité je trouve que votre site est à charge contre le Maroc
    Cela se ressens jusque dans votre chronologie, en effet vous omettez de parler de ce qui se passe à tindouf (je doute même que vous vous êtes rendu, vous omettez de parler des vrais raisons qui rendent difficiles le référendum (qui va voter), vous passez sur gdim izik sans parler des corps de policiers souillés, ni des armes utilise par ces terroristes, Vous ne parlez pas du rôle de l’Algérie…… Et j en passe … Tout cela me mène à penser que vous êtes loin d être neutre… Et que vous vallez encore moins que duteil ou autre hervouet….
    A vous de démontrer le contraire ….

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