Vote au Conseil de sécurité : l’ONU une nouvelle fois paralysée

26 avril 2013
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Photo MAP. L’envoyé spécial de l’ONU reçu par Mohamed VI fin 2012

La tentative des USA d’élargir le champ d’action de l’ONU au Sahara occidental s’est soldée par un vote devenu ordinaire au Conseil de sécurité le 25 avril. Les droits des Sahraouis n’ont pas pesé lourds.

Si la diplomatie onusienne s’est agitée ces derniers jours, le coup de force mené par les Américains sur la question sensible des droits de l’homme au Sahara occidental est retombé à plat. Aujourd’hui, le Conseil de sécurité a voté une nouvelle résolution pour réaffirmer « sa volonté d’aider les parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le cadre d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies« . Mais, le texte est bien en-deça de ce qu’attendaient ONG et pays pro-sahraouis, sans parler bien entendu des Sahraouis eux-mêmes.

Fort des rapports constatant des violations des droits des Sahraouis dans les territoires annexés par le Maroc en 1975, émanant notamment de personnalités ou d’ONG, comme le Robert F. Kennedy Center for justice and Human rights (le dernier communiqué de presse, en anglais) ou Juan Mendez (rapporteur spécial sur la torture), l’administration Obama avait lancé l’offensive en proposant un projet de résolution.

En effet, face à l’ impasse dans laquelle se trouve le dossier du Sahara occidental et à la situation sécuritaire préoccupante de la région, l’initiative américaine arrivait à point nommé pour des pays comme le Royaume-Uni ou l’Afrique du Sud qui portent, avec des ONG, une revendication ancienne : l’extension du mandat de la Minurso à la surveillance du respect des droits de l’homme dans la partie du Sahara occidental sous occupation marocaine et dans les camps de réfugiés sous administration du Front Polisario.

Mais, quelques jours après, les USA et le Maroc ont réussi à trouver un terrain d’entente, les premiers revenant en arrière avec l’abandon de cette option.

L’opposition du pouvoir marocain à ce volet « droits de l’homme » laisse voir l’intransigeance du royaume. Quand le Front Polisario a déjà exprimé son soutien à cette insertion dans le mandat de la Minurso qui concernerait les camps de réfugiés où vivent plusieurs dizaines de milliers de Sahraouis sur le sol algérien, Mohamed VI accrédite par ce refus les faits de violations des droits des Sahraouis, par ailleurs maintes fois dénoncées.

Par ce nouveau vote du Conseil de sécurité, c’est la stratégie de Christopher Ross, l’envoyé spécial de Ban Ki-moon, et celle du secrétaire général de l’ONU qui est mise à mal. L’idée d’exploiter la déstabilisation actuelle au Sahel pour pousser à un règlement « urgent » du conflit du Sahara occidental, et ainsi éviter une « contagion » régionale, n’a pas porté ses fruits.

Le simple élargissement des missions de la Minurso semble être une étape infranchissable. Aujourd’hui, la communauté internationale est paralysée.

Dès le vendredi 26 avril, des manifestations pacifiques ont eu lieu et ont été réprimées avec violence par les forces marocaines. C’est en tout cas ce qu’une équipe d’Amnesty International, interrogée par l’AFP, a observé. L’ONG a chiffré à une trentaine de Sahraouis blessés à cette occasion.

Le Ministère des Affaires étrangères Français a regretté à demi-mot cette nouvelle réaction disproportionnée des autorités marocaines au cours d’un point presse le 29 avril et a rappelé son « attachement au droit de manifester librement pacifiquement« .

Une Réponse à Vote au Conseil de sécurité : l’ONU une nouvelle fois paralysée

  1. [...] La communauté Sahraouie a réagi dès le vote par l’ONU d’une résolution renouvelant le mandat de la Minurso et a exprimé son désarroi devant le texte très loin des espoirs qu’une initiative américaine avait suscités mi-avril. [...]

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